lundi 12 mars 2007

Ne vous leurrez pas en 2007

TEXTE DE L'ART MURIT POUR LE CD A L'ART H

Mesdames, Messieurs Bonsoir
Et bienvenu sur le plateau de débat pour tous
Ce soir dans notre émission
Nous parlerons de la place de nos citoyens face au vote
Sujet d’actualité à l’approche des élections présidentielles
Qui se dérouleront dans 6 mois
Des incompréhensions, des interrogations
C’est autant de questions que se posent nos concitoyens
Nous essaierons de répondre à leurs craintes avec Monsieur le Député
Qui nous fait l’honneur d’être ici présent ce soir
Pour alimenter ce débat, nous recevrons également
Gérard gardien d’immeuble, d’un quartier sensible
Salim, un jeune d’un quartier dit difficile
Ainsi qu’un éducateur de rue
Jérôme, un jeune étudiant du 16ème arrondissement sera également présent
Nous recevrons Philippe Duris responsable de la Brigade Anti Criminalité des Hauts de Seine
Et Moustafa Bensaid né en Algérie, résident en France depuis plus de 30 ans
Et tout de suite, je me tourne vers Monsieur le Député :

Vous qui avez une vision générale de votre circonscription
Comment ressentez vous la tension actuelle ?

Pour répondre à cette question,
Je fais référence à l’année 2002,
Un choc au niveau de l’abstention,
Le vote est un droit et un devoir donc très important
Les sujets de cette année porteront sur l’insécurité et l’intégration
Les problèmes des forces de l’ordre et les jeunes de banlieues sont des tensions
Au point que la goutte d’eau est fait déborder le vase
Et là ça a été l’explosion
Depuis ces évènements, les choses ont évolues,
L’accalmie est revenue et en temps que député pour cette nation
Je confirme qu’on a été à l’écoute des jeunes pour trouver des solutions
.


Bonsoir, moi c’est Gérard gardien d’immeubles depuis 30 ans,
La cité j’ai toujours vécu dedans
Rien ne s’est calmé
Les voitures continuent de cramer
Les jeunes basanés pissent dans l’escalier
Moi je veux les voir tailler ces immigrés
Ils ne veulent pas s’intégrer
Faut pas trier
Faut tous les rapatrier.

Comment ça il parle comme ça
Un facho de plus dans nos barres qui se la finit tous les soirs au bar
Normal au quart de tour je démarre
C’est de mes semblables que l’on parle
Donc restons polis ou le débat tourneras court.

Ecoutez moi ces jeunes je les connais
Ils fument du shit pour rigoler
A quinze ans dans le hall ça commence déjà à déconner
A peine sorti de l’œuf, déjà prêt a volé un bœuf
C’est du bleuf, ces p’tits cons m’insultent de sale keuf
Trop de problèmes pas assez de solutions
Souci numéro 1 : leur famille et leur éducation.

C’est faux monsieur la police
La cité est un vice
Moi mon fils n’est pas complice de toutes violences qui existent
Tout simplement moi je l’ai éduqué moi
Comme il fallait alors toi

« Moi »

Oui toi
Arrête s’il vous plait
Ça fait plus de 30 ans
Ça fait longtemps que j’habite là
Et rien n’a changé depuis
Je comprends pas moi

« Calmez vous messieurs s’il vous plait calmez vous »

Il y a trop de misère dans les cités merde.

Restons polis s’il vous plait
Nous allons essayer de recentrer le débat
Et vous Monsieur le Député
Comment voyer vous le vote en 2007 ?

Je suis très optimiste sur cette question
Nos jeunes citoyens ont pris conscience de l’abstention
De plus tout a été mis en œuvre pour que nos jeunes se manifestent
Lors des prochaines élections
De toute façon la majorité des jeunes votent
Et sont concernés pour la vie politique de cette nation.

Chez nous le soleil se lève derrière les tours
Et le commerce commence en bas des tours
On réclame l’état fait l’aveugle et le sourd
Pas de muet les promesses
Ils connaissent
L’hémorragie l’hématome mais sans compresses
L’hexagone récolte ce qu’il a semé avant qu’on naisse
Monologue infini depuis des décennies
Les gouvernements ont changé
Mais chez nous rien n’a changé.

Permettez moi d’intervenir
J’aimerais donner mon opinion
Les banlieusards n’aiment pas voter
Ils pensent d’avantage au pognon
La rue de la paix c’est mon adresse
Et même en bas de chez nous les voyous traînent et nous agressent
On en a marre d’être les victimes
Pendant que les citoyens dans leurs vies triment
Dans les banlieues
Ca brûle et ça casse des vitrines
Maintenant j’ai peur
Je vis sous la pression
J’ai l’impression
Qu’il faudrait plus de répressions
En vérité y’a trop d’insécurité
Trop d’agression
Faut prévoir un plan d’action
C’est une nécessité
Faut enfermer les excités
Plus de police
Pour avoir moins de jeunes de cité.

Tu mènes une vie de château
Nous on survit dans les ghettos
Né avec une cuillère dans la bouche
Papa, maman sont français de souche
Loin de la misère et des faits divers
Je te laisse à ma place
Tu parleras plus cam’as.

(Calmez vous, calmez vous)
Calmez vous calmez vous
Arrêtez de parler fort
Ok d’accord mon garçon
Je sais que tu as peur
Mais faut pas
Tu sais nous sommes justes des étrangers
Parce que la France elle a changé
Alors tout le monde il a changé
Toi scout y’a lahmar
Faut pas dire les bêtises
Tu n’as pas tort mon fils
Ce pays est trop de vices
On a les mains dans la merde
Alors qu’est ce qu’on fait pour l’or
Aujourd’hui personne n’a fait aucun remerciement
Sauf il y a seulement police

Pour nos familles et nos fils
Et pendant le temps des sacrifices
La France ramasse des bénéfices.
La police, parlons en
Ça pour les voir on les voit
Mais eh, où sont les résultats ?

Jérôme là bas a raison
La racaille n’a pas de saison
Je ne veux pas voir ces merdes en bas de ma maison
Vous voulez la sécurité donc allez voter
La police a besoin de moyens donc ça aller le noter.

Plus de moyens
Mon cul, jour et nuit à arpenter nos rues
Les forces de l’ordre rentrent en action
C’est le désordre
Contrôle musclé et insultes et bavures et acquitté
Liberté égalité fraternité sont bafouées
Immigrés condamnés rapatrier vérité.

Eh petite fiotte
Reste à traîner dans ton porche
Certains ne travaillent pas et se permettent de rouler en Porsche
Tu ouvres grande ta bouche moi je rode dans ton secteur
Et rien de tous ces vaux riens n’a sa carte d’électeur
Oh arrête de te plaindre
Et vas-y arrête
Retourne
Vendre tes barrettes
Vas-y mets toi à la cigarette
C’est effarant comme tu peux être casseur de carreaux
Tu finiras à jouer au tarot
Derrière les barreaux.

Je l’ouvre
Tu rodes comme un vautour entre nos tours
Voter pour qui ?
Représenter par aucun de ces hommes en costar
Délaissant les banlieusards
Ils nous manipulent
Sans aucun scrupule
De plus nous cassent les burnes
Je poserais ma voie dans l’urne
Pour faire barrage au pire
D’aucune chose à dire
Le son d’alarme je tire.

Dans ce cas jeunes hommes dites nous,
Comment souhaiteriez vous être représentés ?

Représenté par un rabza ou un renoi à l’Elysée
Utopique comme stopper les inégalités sociales raciales
Puis issus de l’immigration
On est présents depuis des générations.

Commencez par nous donner des premiers rôles à la télé pas des mauvais
Les footballeurs ne sont pas nos premiers héros
Arrêtez de dire un jeune issu de l’immigration
Ça veut pas dire qu’on est des français à part
Revoyez vos moyens d’intégration
Vous le voyez bien qu’on n’a pas les mêmes chances
Si demain l’homme politique met en avant le fait que la France est un pays raciste
Et que les quotas à la discrimination positive l’ont prouvé
Moi je prendrais une carte de son parti
Mais cet homme, faut le trouver
Les élections approchent
Donc tous les soirs on parle de la banlieue
Les pédophiles et les tueurs d’enfants passent après les banlieusards
Car c’est sur ces derniers que reposent nos campagnes
Bref, ne nous prenez pas pour des ânes
On va jouer le jeu
Mais dite-vous que pour ce surplus médiatique
N’a rien d’élogieux
Moi je suis sur le terrain
Oui la violence existe mais vos émissions sont plus dangereuses que les jeunes
Car elle exhibe et ça les excite
Et quand j’entends qu’on exige la perpette pour un môme de 4 piges
Je vois pas à quoi mon rôle consiste
Laissez moi finir
Tout ça pour vous dire que vous nous considérez comme les enfants de Marianne
Ecoutez moi je vous dis en temps qu’éducateur
Quand on fait une promesse, faut la tenir
Les jeunes iront voter bien sûr
Ils accordent leur confiance
Mais ne vous leurrez pas en 2007
Ils vous donneront une dernière chance
Merci j’ai fini.

Voilà, ces mots de la fin
Nous allons nous quitter sur ces belles paroles
Merci à tous ceux qui sont intervenus lors de ce débat
A la semaine prochaine
Pour un nouveau débat pour tous
Au revoir.

DJIB RAMSES GLOCK MARO KILLA CASH MINOS BIBAR BOE